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Dans ce premier d'une série de trois articles, le Directeur général  d'IRC Patrick Moriarty évoque le prochain grand défi : le rôle crucial du financement public et du leadership gouvernemental 

J'ai eu énormément de plaisir à rencontrer d'anciens et de nouveaux amis lors du Forum AEPHA 2014 sur la durabilité. C'était le cinquième forum consacré à la pérennité, et le quatrième auquel je participais. Comme il rassemble des personnes engagées et passionnées en nombre raisonnable, provenant de tout l'éventail des acteurs du secteur, le forum constitue un bon baromètre de notre travail en matière de pérennité. Et ça, c'est inestimable.

Dans cette série de trois articles de blog, je partagerai quelques impressions et enseignements recueillis lors du forum.
Pourquoi je pense que nous sommes sur la bonne voie? En partie, parce que notre message sur l'importance – vitale – de la pérennité dans la fourniture de services est non seulement écouté, mais activement rediffusé.

On le voit au langage employé dans le processus post-ODM aux Nations-Unies. On le voit dans le partenariat Sanitation and Water for All, toujours plus efficace. A IRC, on le voit de plus en plus dans les pays où nous sommes actifs: dans l'adoption par l'État ghanéen d'une approche de prestation de service ou encore dans l'engagement en faveur du service universel en Inde et en Ouganda. On le voit dans les clauses de durabilité du DGIS et dans les pactes de l'UNICEF pour la durabilité. Et moi, je l'ai vu dans l'engagement des participants au forum, notamment ceux qui ont signé la charte de durabilité en matière d'AEPHA. Bref, les gens comprennent l'idée. Ils se rendent compte que les infrastructures matérielles ne sont qu'un premier pas, que pour assurer un accès universel il faut gérer ces équipements sur la durée.

Discussion des outils d'assainissement lors du Forum AEPHA 2014 sur la durabilité. Photo: Felix Kalkman

Faire des suivis-évaluations, assurer l'entretien-maintenance – investir non pas seulement au moment de l'installation, mais sur l'ensemble du cycle de vie et au-delà. Ils comprennent qu'il faut traiter la fourniture de services d'eau et d'assainissement comme une entreprise – tout en mettant l'accent sur l'égalité d'accès. Ils comprennent la nécessité de professionnaliser nos approches et d'exploiter l'énergie et l'agilité du secteur privé pour donner naissance à des prestataires de services viables.

Bref, les gens comprennent l'idée. Ils se rendent compte que les infrastructures matérielles ne sont qu'un premier pas, que pour assurer un accès universel il faut gérer ces équipements sur la durée.

Le progrès que cela représente est illustré de façon éclatante par la multitude d'outils utiles élaborés et exposés lors du forum 2014. Le potentiel des nouvelles technologies pour réduire massivement les coûts du suivi-évaluation est un des aspects les plus fantastiques des nouveaux outils. Il est bien vrai le dicton qui dit « qu'on peut gérer que ce qu'on peut mesurer ! »

On ne peut fournir des services adéquats sur la base d'échantillons prélevés tous les trois ou quatre ans (comme c'est le cas actuellement). Il faut instaurer un suivi-évaluation véritable – pour chaque pompe, pour chaque installation de traitement des déchets. Et ce suivi doit se faire (autant que possible) en temps réel, et il doit être associé à un système de reporting et de reddition de comptes – pas seulement pour faire de jolis schémas, mais pour pouvoir agir dès que quelque chose tombe en panne.

À IRC, nous n'avons pas chômé sur cet aspect. Au Ghana, nous avons travaillé avec Akvo et d'autres pour concevoir un système de suivi-évaluation à l'échelle nationale. Nous visons actuellement à couvrir la moitié du pays, avec un suivi en temps quasi réel qui applique des normes au niveau national. Je suis particulièrement fier et enthousiasmé par ce projet, notamment parce qu'il a débuté lorsque j'étais en poste au Ghana; c'est excitant de voir à présent, cinq ans plus tard, qu'il a pris une ampleur nationale.

Dans le passé, le problème des coûts a anéanti beaucoup de tentatives pour assurer des suivis-évaluations; la triste réalité est qu'ils restent rares. L'explosion des technologies mobiles et du stockage de données dans les espaces virtuels est donc une bénédiction, qui nous offre pour la première fois un moyen pratique et abordable de savoir immédiatement ce qui marche et ce qui ne marche pas. Bien sûr, la grande question est celle-ci : comment payer pour tout cela et garantir des suivis-évaluations à long terme?

Parmi les autres outils nouveaux qui se multiplient à toute allure, il y a ceux qui concernent directement la durabilité. C'est excitant, parce que ça montre que ce concept est enfin pris au sérieux. Et pourtant, aucun outil prévisionnel destiné à « évaluer le potentiel de durabilité » ne vaut l'inspection directe des services fournis: les services durables sont les services qui sont entretenus régulièrement.

Aussi, lorsque nous utilisons nos outils de suivi-évaluation, associons-les à des outils pour réaliser, tarifer et investir dans la durabilité.

Bannissons des notions comme « développement des capacités » si elles ne sont pas détaillées et correctement tarifées. Et ne parlons pas seulement du coût du développement de

Travail en groupe lors du Forum AEPHA 2014 sur la durabilité. Photo: Felix Kalkman

s capacités, mais aussi du coût de l'entretien de ces capacités. Arrêtons d'évoquer vaguement le besoin de « capacités gouvernementales locales de soutien post-construction » et utilisons un langage simple, précis et compréhensible – en termes d'ingénieurs par millier d'usagers; de véhicules et de carburant nécessaires; de technologies informatiques. Et de coûts, bien sûr.

Et c'est ici que je pense que les outils WASHCost élaborés par IRC tombent à pic, en procurant une plateforme pour décrire et surtout partager les enseignements sur les coûts recueillis par nous tous, les membres de la communauté AEPHA. Plus l'usage de tels outils se répandra – pour discuter des coûts et pour comparer les différents projets – plus les déclarations théoriques sur la durabilité se mueront en instruments véritablement professionnels.

Ainsi, nous sommes passés des paroles à l'action, en élaborant une trousse à outil indispensable pour assurer des services durables. Dans mon prochain billet, je parlerai de ce qui a été – presque – passé sous silence au cours du forum, « le grand non-dit » du secteur : le manque de leadership et de financement publics.

Pour en savoir plus, suivez les liens vers les deuxième et troisième billets de cette série, « Le grand non-dit » et « Mettre fin aux légendes ».

 Article originel en anglais "Tools for life".

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