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Survol de la problématique, des activités, des projets et des objectifs d'IRC au Burkina, pour mieux desservir la population majoritairement rurale du pays

IRC au Burkina Faso

IRC travaille avec les autorités locales et nationales burkinabé depuis plus de vingt ans pour l'amélioration de l'accès et de la pérennité des services d'eau et d'assainissement. En 2012, IRC a consolidé sa présence par l'ouverture d'une représentation nationale à Ouagadougou.


Les activités d'IRC portent sur le développement et l'expérimentation de solutions innovantes et adaptées pour une meilleure fourniture de services d'eau potable, d'hygiène et d'assainissement. IRC promeut ces solutions à travers son volet opérationnel de "gestion des connaissances" qui facilite la diffusion de connaissances et d'informations ainsi qu'une plus grande participation des acteurs locaux et nationaux dans les processus de changement des pratiques sectorielles.

Les ambitions du pays

Se situant au 181e rang de l'indice de développement humain du programme de développement des nations unies (UNDP, 2014), avec près de la moitié de sa population sous le seuil de pauvreté et avec plus de 70% de sa population dépendant de l'agriculture de subsistance (Banque Mondiale, 2013), la situation socio-économique du Burkina Faso reste précaire, malgré les améliorations récentes.

Dans le contexte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), le pays avait l'ambition d'atteindre en 2015 un taux d'accès en eau de 79% et en assainissement de 55%. A cette fin, le Ministère en charge de l'Eau et de l'Assainissement a développé un Programme National d'Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement (PN-AEPA). Même si ce programme a permis de développer une stratégie concertée, et bien qu'il ait contribué à l'accroissement du taux d'accès à l'eau en milieu urbain et rural et à de meilleurs mécanismes de gouvernance, force est de constater que tous les défis n'ont pu être surmontés. Dans sa stratégie post-2015, le Burkina Faso est encore plus ambitieux et s'engage en faveur de l'accès permanent à l'eau et à l'assainissement pour l'ensemble de sa population d'ici 2030.

Les défis pour une couverture universelle

En 2013, 86% de la population urbaine a accès à une eau potable, contre 63% en milieu rural (DGRE, 2013). Pour l'assainissement, ces taux sont respectivement de 29% et 6% (DGEAUE, 2013). Malgré les efforts accomplis, l'atteinte d'une couverture universelle et permanente n'est pas encore à portée de main, notamment pour l'assainissement. IRC se positionne face aux problématiques sous-jacentes suivantes:

Un secteur peu efficace à fournir des services adéquats en zones rurales

Le Burkina Faso est un pays essentiellement rural (75% de la population). Depuis de début des années 2000, le pays s'est engagé dans un processus de décentralisation. Ce processus a un impact important sur la provision de services AEPA, puisque les municipalités, ou communes, sont dès lors responsables, ou maître d'ouvrage, de ces services vis-à-vis de leurs populations. En milieu rural, les communes, s'appuient sur des mécanismes de gestion communautaires et des artisans traditionnels locaux pour l'exploitation et la maintenance des forages équipés de pompe à motricité humaine qui représente l'essentiel des équipements d'approvisionnement en eau potable. Mais dix ans après la mise en place de ce dispositif appelé la Réforme, force est de constater son échec essentiellement lié aux faibles capacités et compétences de supervision et coordination des communes rurales et aux faibles aptitudes et capacités des opérateurs de services communautaires ou artisanaux. En principe, les communes devraient être appuyées par les Directions Régionales du Ministère en charge de l'Eau et de l'assainissement. Or en pratique, cette assistance technique reste incomplète, inadaptée et incidemment inefficace.

Un secteur qui pense peu à la qualité des services en zones rurales

Tandis que les communes peinent à jouer leur rôle en matière d'AEPA, elles doivent pouvoir assurer leur fonctionnement dans la durée. Pourtant, on continue d'installer de nouveaux ouvrages, sans s'assurer que ceux déjà en place soient en état de marche de façon continue, qu'ils répondent à la demande actuelle et future etc. Pour l'eau potable, l'entretien, la réparation et la réhabilitation des ouvrage, notamment des forages équipés de pompes à motricité humaine (F-PMH) n'est pas encore assure de façon professionnelle. Pour l'assainissement, l'entretien et les réparations sont laissés exclusivement à la charge des ménages sans supervision, ni encadrement après l'appui à la construction. Comment appuyer les communes à mieux assumer leur rôle ? En les appuyant dans la gestion (planification, suivi, gestion financière) des ouvrages pour offrir à leurs populations un service fiable, de qualité, qui répond à leurs besoins, aux normes sanitaires et que est respectueux de l'environnement ?

Un secteur très dépendant de l'aide étrangère

Le secteur AEPA est dépendant à près de 90% de l'aide internationale, accordée sous différentes modalités (IRC, 2014). Cela rend non seulement le secteur très vulnérable en cas de crise économique chez les bailleurs, mais il est limité dans la définition de ses propres priorités et il n'est pas responsable face aux populations qu'il doit pourtant administrer. La mise en place de services d'AEPA performants qui mobilisent davantage les contributions des usagers (à la hauteur de leurs capacités) et les taxes permettrait une plus grande autonomie, et à terme la fin de ce cycle de dépendance.

Les partenaires et programmes d'IRC au Burkina Faso

IRC travaille depuis 2012 en partenariat avec le Ministère en charge de l'eau et de l'assainissement ainsi qu'avec huit communes du Sahel et de l'Est. Les collaborations s'étendent également aux bailleurs du secteur, aux ONG et aux fournisseurs ou opérateur de services. Ces collaborations portent sur la formulation, la mise en œuvre et le suivi de pratiques, de solutions, de stratégies, de projets ou programmes, de politiques pour surmonter les goulots d'étranglements identifiés dans les mécanismes de la fourniture de service d'eau potable, d'hygiène et d'assainissement. Au niveau communal, IRC appui les communes, les Associations d'Usagers de l'Eau et les autres acteurs à une meilleure maitrise d'ouvrage, exploitation et maintenance avec un focus sur le suivi, la gestion et le développement des services.

Pour alimenter ces processus, l'équipe IRC Burkina Faso conduit différentes études et recherches, en collaboration et à la demande de ses partenaires locaux et nationaux. Ensemble, les modalités d'amélioration de la gestion des services sont identifiées, testées et discutées. IRC est également actif dans la conduite d'évènements (séminaires, ateliers etc.) de partage du et pour le secteur, ou non seulement elle diffuse ses résultats, mais où elle encourage les autres à faire de même.

L'équipe IRC Burkina Faso est composée d'une dizaine d'experts à Ouagadougou et est renforcée à la fois par la présence d'assistants techniques sur le terrain (au Sahel et dans l'Est) et par l'équipe d'IRC siège, basé à la Haye, aux Pays-Bas.

Programmes récents et en cours

SaniEst (2014-2017)

IRC, en collaboration avec Helvetas Swiss Intercooperation et les communes de Manni, Thion, Piela, Liptougou,Coalla et Bianga, démarre au Burkina Faso un projet d'un montant de 3,3 millions d'euros, cofinancé par l'Union euopéenne. L'objectif de cette initiative est d'assurer et de pérenniser, d'ici quatre ans, les services d'hygiène et d'assainissement pour 100 000 personnes dans six municipalités rurales de la Gnagna. Pour en savoir plus sur SaniEst.

USAID WA-WASH (2012-2015)

Cette initiative consacrée à l'approvisionnement en eau, l'assainissement et l'hygiène en Afrique de l'Ouest, s'attache à améliorer la fourniture de services d'AEPHA en milieu rural et péri-urbain. Pour en savoir plus sur USAID WAWASH.

WASHTech (2011-2013)

Ce projet vise à renforcer les capacités du secteur à investir de façon efficace dans de nouvelles technologies. Au Burkina Faso, WASHTech a été mené en collaboration avec le Centre Régional pour l'Eau Potable et l'Assainissement à faible coût. Pour en savoir plus sur WASHTech (en anglais)

SaniFaso (2011-2014)

SaniFaso est un programme d'assainissement en milieu rural de 4 ans, financé par la Commission européenne à hauteur de 3 million d'Euros et coordonné par l'ONG française Eau-Vive, en association avec Wateraid, Helvetas Swiss Intercooperation et le programme Eau et Assainissement de la GIZ. Le programme a pour objectif la construction de 16,000 latrines dans 12 communes de la région de l'Est. L'implication d'IRC au sein du programme se concentrait sur le renforcement des outils de planification et de gestion existants, notamment en intégrant les résultats sur les coûts à long terme du projet WASHCost.

WASHCost (2008-2012)

Cette initiative vise à appréhender les coûts à long terme des services d'eau et d'assainissement. WASHCost est un projet de recherche-action qui s'intéresse à l'identification des coûts inhérents à la fourniture de service d'eau et d'assainissement en milieu rural et semi-urbain au Ghana, au Burkina Faso, au Mozambique et en Inde. Il repose sur la collecte et l'analyse des coûts à long terme pour mieux planifier et budgétiser des services et assurer leur pérennité. L'approche des coûts à long terme comprend les coûts d'investissement, d'opération et de maintenance, de réhabilitation, d'extension et de remplacement, ainsi que les coûts d'appui directs et indirects.
L'absence des coûts de réhabilitation, de remplacement et d'extension, ainsi que les coûts d'appui dans la budgétisation et la planification du service constitue un des constats principaux du projet. Il explique pourquoi les ouvrages sont souvent abandonnés lorsqu'ils connaissent des pannes prolongées et pourquoi de nouveaux investissements doivent être mobilisés. Sur ces bases, l'équipe a développé une méthode comptable qui facilite le calcul du coût total lié à l'exploitation d'un service. Au Burkina Faso, WASHCost a été mené en collaboration avec le Centre Régional pour l'Eau Potable et l'Assainissement à faible coût et avec Eau-Vive. Pour en savoir plus sur WASHCost (en anglais).