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Mettre de faibles ressources pour travailler au profit de l’exploitation et la maintenance au niveau rural

Publié le: 11/03/2014

Les services ont été étendus sans coût supplémentaire de la part du gouvernement local et sans financement extérieur en dehors du soutien apporté par "Ingénieurs sans frontières Canada" pour faciliter les relations et pour participer au rapprochement avec le district et les comités.

Ce commentaire a été mis en ligne par Duncan McNicholl et Alyssa Lindsay qui dirigent le programme sur l'eau et l'hygiène de l'organisation "Ingénieurs sans frontières Canada" (Engineers without Borders Canada) au Malawi. Pour plus d'informations sur leurs travaux, veuillez consulter la récente étude présentée sur Triple-S disponible en ligne ici. 

M. Oswald Nkhuwa est l'officier en charge de la gestion des eaux dans le district de Nkhotakota au cœur d'un petit pays mais à forte densité de population situé dans le sud de l'Afrique, le Malawi. Son district abrite plus de 300 000 habitants qui vivent sur une surface de 7 500 km2, s'étendant le long des rives du lac Malawi. Pour apporter son soutien à cette population et gérer environ 2500 points d'eau, son bureau possède deux annexes extérieures et dispose d'un budget mensuel approximatif de 200 USD (94 538,73 CFA). La plupart des gens serait bloquée par le côté impossible d'une telle mission, à juste titre. 

Face à une telle situation, la tentation de n'être qu'un simple fournisseur de ressources est forte, mais des ressources supplémentaires temporaires peuvent présenter le risque de ne produire que des effets temporaires. En outre,  les ressources qui existent doivent être apportées là où on en a le plus besoin. Durant un effort de réhabilitation mené dans le district en 2011, M. Nkhuwa et son équipe ont utilisé des budgets importants de carburants  pour se déplacer à l'intérieur du district et pour effectuer des travaux d'entretien de base, qui pouvaient être réalisés au sein des communautés et qui devaient être probablement reconduits dans les mois qui suivirent. Cette situation était le résultat d'un manque de personnel et de ressources pour identifier les besoins en grosses réparations.

En constatant l'utilisation inefficace des fonds, un des comités locaux de développement de la zone - qui comprend les dirigeants traditionnels et ceux de la communauté - s'interrogea avec mécontentement. Ils souhaitaient que les activités du bureau de développement des systèmes d'eaux du district prennent en charge dans leur zone des missions qui sont en dehors de leurs propres compétences et capacités. En reconnaissant le fait qu'aussi bien le bureau de gestion des eaux du district que le comité de développement de la zone avaient finalement les mêmes objectifs, l'équipe d'EWB travailla avec ces deux organismes afin, tout d'abord, de faciliter et d'améliorer leurs relations et aussi de mieux comprendre les activités que chaque partie pourrait entreprendre,  dans le but final de renforcer de la manière la plus efficace possible les services d'AEPHA avec leurs ressources disponibles.

A la suite de cette intervention et après avoir admis l'existence de ressources limitées au sein du bureau de développement des systèmes d'eaux du district, le comité de développement de la zone a pris la décision de constituer un sous comité chargé spécifiquement de la gestion des problèmes d'eaux, appelé "Madzi ndi Moyo" ("l'eau c'est la vie"). Ce comité apporte désormais un soutien technique de base à tous les comités en charge des points d'eau, met en relation avec les fournisseurs de pièces détachées, s'impose comme médiateur dans tous les problèmes rencontrés par les communautés empêchant la réparation de points d'eau et fournit au bureau de M. Nkhuwa, toutes les informations pertinentes  sur les points de forage qui nécessitent d'importantes réparations. En échange, son bureau fournit au comité du matériel pour permettre un meilleur échange d'information, des informations techniques sur l'engagement communautaire et une communication courante sur les problèmes d'eaux.

En dépit de sa récente constitution, le comité "Madzi ndi Moyo" a déjà échangé des messages avec 105 communautés au sujet de la question de la réparation de points d'eau, dont 62 ont abouti à la budgétisation de 700 USD (330 885,57 CFA) pour des réparations. De plus, le comité et le bureau du développement des systèmes d'eaux du district maintiennent une communication régulière, permettant au district de recevoir des informations très utiles sur les besoins d'intervention pour effectuer des réparations majeures. Ces services ont été étendus sans coût supplémentaire de la part du gouvernement local et sans financement extérieur en dehors du soutien apporté par EWB pour faciliter les relations et pour participer au rapprochement avec le district et les comités. Le coût total incombant au bureau de M. Nkhuwa pour mettre en œuvre une telle initiative s'est élevé à simplement 20 USD (9 453,87 CFA). 

Le renforcement des capacités du gouvernement local en matière de prestation de services reste un défi important pour le secteur de l'AEPHA. Notre expérience au Malawi a démontré que lorsque les capacités à long terme d'institutions permanentes ne sont pas renforcées, l'impact des programmes d'AEPHA commence à disparaître lorsque les ressources extérieures cessent d'exister. Une récente étude de ODI sur l'utilisation d'aides pour faire face à des contraintes de gouvernance dans le secteur  public met en évidence l'importance de construire sur des mandats et des systèmes existants, même si ces mandats sont à l'origine imparfaits ou faiblement mis en œuvre. Nous pouvons confirmer cette approche.

Nos travaux au Malawi continuent de renforcer la fourniture de services par le gouvernement local en travaillant étroitement avec ces systèmes existants pour les aider à se renforcer. 

Enseignements majeurs tirés :

* "faible capacité" ne signifie pas "absence de capacité" - le bureau chargé de la gestion des eaux du district Nkhotakota, en dépit de moyens limités, a été capable de faire la différence en utilisant de manière stratégique et créative les ressources existantes. Nous continuerons d'évaluer ce qui existe et de construire sur une base existante plutôt que de baisser les bras quand une démarche idéale n'est pas encore possible.

* Nous ne devrions pas forcer les choses par des apports de fonds - La mise en place de systèmes d'adduction dure plus longtemps sans apport de fonds externes, mais donne en revanche la garantie d'une durabilité des initiatives au moyen de fonds existant si le pilote réussit. Nous continuerons à évaluer de façon critique les démarches engagées et à éviter à les financer lorsque les ressources existantes doivent soutenir des solutions souvent créatives et applicables.

* Les meilleures idées proviennent communément de partenaires - En mettant en place une démarche en commun, nous avons souvent nos propres idées que nous devons abandonner au fur et à mesure que nous apprenons plus au sujet des réalités de nos partenaires et des communautés qu'ils servent - leurs contraintes, motivations, et potentiels. 

* "Une démarche applicable" s'avère en règle générale meilleure qu'une "démarche parfaite" - le développement du comité "Madzi ndi Moyo" n'est pas quelque chose que nous avions prévu dès la phase initiale et nous avons été surpris par son succès naissant. Des partenaires sont alors plus capables de nous surprendre avec leur ingéniosité et leur capacité d'adaptation lorsqu'il s'agit de mettre en pratique des idées.

Article original en anglais : Putting low resources to work for rural

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