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Pour une gestion à l'échelle des points d'eau modernes

Publié le: 09/10/2014

IRC Burkina Faso a demandé à un opérateur privé s'il était possible d'améliorer la qualité de service des PMH sans augmenter le tarif payé par les usagers. La réponse est : oui, mais il faut changer l'échelle de gestion de la maintenance.

En Afrique rurale, l'accès à l'eau progresse au rythme de la mise à disposition de sources d'eau dites améliorées, du type forage équipé de pompe à motricité humaine (PMH), puits protégé, etc. Financièrement, l'aide au développement et les ressources des Etats sont mobilisées pour couvrir les investissements (étude, construction) et l'entretien des équipements est payé par leurs usagers.

Au Burkina Faso, les villageois doivent contribuer à hauteur de 75,000 FCFA par PMH chaque année afin qu'un artisan assure entretien préventif et réparation en cas de panne. Chaque artisan est responsable de maximum 100 PMH, sur le territoire d'une même commune, même si, en pratique, leur marché est souvent compris entre 40 et 60 PMH.

Ce blog remet en cause l'échelle et les modalités de gestion des points d'eau modernes, et plus particulièrement celles de leur maintenance.

Il est possible d'améliorer la qualité de service des PMH, à tarif constant, en l'occurrence au tarif raisonnable de 250 FCFA ou US$ 0.5 par personne par an, au Burkina Faso.

Le dispositif actuel ne permet pas la mise en place d'une filière d'approvisionnement en pièces détachées de qualité certifiée. En cas de panne, les artisans ou les associations villageoises d'usagers se débrouillent pour acheter des pièces détachées sur un marché où aucun processus de certification d'origine ou de contrôle qualité garantit la provenance et la qualité de ce qui est acheté. Or, cet élément est clé pour améliorer le service rendu par les PMH.

D'après les données collectées dans la région du Sahel, une PMH a plus d'une chance sur deux de tomber en panne en 6 mois. Si les artisans réussissent globalement à intervenir dans les délais impartis (3 jours), leur réparation est concluante dans moins de la moitié des cas.

Plus de 50% des PMH retombent en panne, certaines jusqu'à 6 fois.

Cela augmente considérablement le temps d'indisponibilité des PMH et entame la confiance des usagers dans les capacités des artisans à faire leur travail. 

La principale raison invoquée par les artisans pour expliquer ce fort taux d'échec est l'accessibilité et la qualité des pièces détachées.

 

Les pannes de PMH entre octobre 2013 et avril 2014 à Arbinda et Gorgadji

Commune

Nombre de PMH communautaires

Nombre de PMH tombées en panne

Nombre de pannes

Nombre de PMH en panne 1 fois

Nombre de PMH en panne 2 fois

Nombre de PMH en panne de 3 à 7 fois

Arbinda

202

131

280

48

29

43

Gorgadji

114

68

117

37

21

8

IRC a demandé à un opérateur de réseau si une alternative au dispositif actuel était envisageable, à tarif constant. Sa réponse est affirmative : pour 75,000 FCFA par PMH par an, il pourrait s'engager sur une garantie totale, soit la prise en charge complète de l'entretien préventif et curatif d'une PMH.

Ses prestations incluraient deux interventions en entretien préventif par an, un délai de réparation en cas de panne limité à 24h –au lieu de 72h – et, surtout, le développement et la gestion d'une filière d'approvisionnement en pièces détachées dont la qualité soit garantie. Sur les bases de ces indicateurs (nombre d'intervention en entretien préventif, délai de réparation, fourniture de pièces détachées agréées), la proposition de l'opérateur permet d'augmenter le temps de disponibilité des PMH, donc la qualité de service.

La seule condition réside dans la taille du marché : l'opérateur s'engage si le marché comporte au moins 256 PMH, localisées dans des communes limitrophes (en l'occurrence Gorgadji et Arbinda).

Prestation détaillée de l’opérateur en garantie totale, FCFA par an

Remplacement des pièces de la PMH en garantie totale

25 000

Contribution au paiement du technicien communal et

frais du comité communal Eau et Assainissement

5 000

Contribution initiale pour la réhabilitation de la PMH

5 000

Contribution initiale pour un forage neuf

5 000

Marge sur coûts variables

35 000

Coûts totaux incompressibles de l’opérateur (y compris artisans)

8 975 000

Nombre minimal de PMH pour atteindre le seuil de rentabilité

256

 La maintenance des 35,000 PMH fonctionnelles du Burkina Faso représente un marché d'environ 2.625 milliards de FCFA par an (US$5,25 millions). Il s'agit d'un marché suffisant pour faire émerger ou consolider des entreprises spécialisées, dont les prestations permettraient d'améliorer le niveau de service et la pérennité des équipements. Il suffit de changer d'échelle et, quand le parc de PMH d'une commune est insuffisant, d'explorer la voie de l'intercommunalité.

Ressources

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