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Réduire les pannes des pompes à motricité humaine au Burkina Faso ; une problématique avant tout …technique

Publié le: 12/03/2015

IRC Burkina Faso s'est intéressé aux facteurs expliquant la fréquence élevée des pannes des forages équipés de PMH dans la région du Sahel.

Cette étude est menée dans le cadre du programme USAID WA-WASH.

Les forages équipés de pompes à motricité humaine (F-PMH) constituent la principale source d'approvisionnement en eau potable (dite source d'eau améliorée) dans les zones rurales du Burkina Faso. Dans deux des communes d'intervention d'IRC, Gorgadji et Aribinda, on trouve respectivement 123 et 208 F-PMH, dont 88% et 89% sont fonctionnelles en mars 2014. 8% du parc combiné des deux communes a plus de 30 ans et doit être remplacé. Le taux d'accès est calculé à 44% à Gorgadji et 41% à Aribinda (sur la base de 300 personnes/F-PMH). Comme pour tout ouvrage, ces F-PMH ont besoin d'être entretenus sur une base régulière.

La maintenance des ouvrages, ainsi que l'ensemble des aspects inhérents à la fourniture d'un service public d'eau potable, incombe aux communes. Dans la région du Sahel, qui applique la réforme sur la gestion du service public d'eau mise en œuvre depuis 2008, les communes délèguent la maintenance des F-PMH et la collecte des cotisations des ménages à des Associations d'Usagers de l'Eau (une par village) et mandatent des maintenanciers pour effectuer l'entretien préventif et curatif. Avant la mise en place d'un cycle de suivi communal (appuyé par IRC), les délais de réparation étaient en moyenne de 7 jours, avec dans certains cas des pannes pouvant durer plusieurs mois. Depuis, le délai moyen de panne a été réduit à 3,5 jours.

Les facteurs de blocage évoqués

Malgré ces avancées, plusieurs F-PMH ne peuvent être réparées adéquatement. Trois raisons sont évoqués par les autorités communales et les acteurs du secteur;

  1. Un accès limité aux pièces de rechange neuves
  2. L'absence de professionnels qualifiés pour la maintenance,
  3. Des provisions insuffisantes au niveau des AUE pour s'acquitter du coût des réparations, et

Afin de réduire les délais de réparation et in fine, d'offrir un service ininterrompu aux populations concernées, IRC s'est intéressé à la pertinence de ces hypothèses. Notre analyse a été effectuée sur la base des données collectées par IRC entre 2012 et 2014. Nous nous sommes intéressés aux types et à la fréquence des pannes, aux temps de réparation et aux coûts associés au bon fonctionnement des F-PMH.

Nos principaux constats

Malgré la réduction globale de la durée des pannes, notre analyse indique une corrélation directe entre le nombre de pannes et le coût des réparations. Plus le nombre de pannes est élevé, plus le coût de réparation l'est. Deux facteurs expliquent ce constat:

  1. La difficulté d'obtenir des pièces de rechanges neuves, qui a pour conséquence la généralisation de l'usage de pièces de seconde main, qui causent de nouvelles pannes, et;
  2. Les connaissances limitées des maintenanciers, qui "font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils peuvent trouver".

Nous démontrons également que la capacité de payer des AUE (et des ménages) ne constitue pas un facteur limitant en soi. En effet, entre Septembre 2013 et Mars 2014, l'équivalent d'environ 1,500$US était disponible à l'échelle de la commune de Gorgadji et près de 25,000 $US à Arbinda. Ces ressources n'ayant pas été mobilisées et affectées de façon optimale. Avec de telles sommes, Arbinda aurait pu réhabiliter 8 F-PMH (à un cout moyen de 3,000 $US) et Gorgadji pourrait assurer la maintenance adéquate de 30 F-PMH (à un cout moyen de 50 $US). Dit autrement, sur la base des tarifs collectés au niveau des ménages et centralisés par les AUE, les deux communes ont le potentiel financier de couvrir les réparations de façon plus professionnelle et ainsi de limiter le nombre de pannes. Or, l'usage effectif des ressources de chaque AUE implique leur mise en commun, dans un esprit de péréquation. A quelle échelle une telle mise en commun est la plus appropriée ? Comment palier les déficiences de la filière d'approvisionnement des pièces de rechange ? Comment faire en sorte que les maintenanciers soient mieux à même de réparer les F-PMH ?

Pour répondre à ces questions, nous avons exploré des modalités de professionnalisation de l'entretien et de la maintenance des F-PMH, discutée dans un autre blog.

 

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