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Station de traitement des boues de vidange au Nord Cameroun pour mieux lutter contre le choléra

Publié le: 02/10/2012

L’assainissement des ménages dans le Nord Cameroun se fait principalement de manière autonome. Plus de 80% des ménages utilisent des latrines pour l’évacuation des excrétas et des eaux usées, soit sensiblement 450 000 fosses septiques (l’Institut National de la Statistique du Cameroun, 2009).

Vidange manuelle à gauche et dépotage dans la rue du quartier à droite.

Les établissements rejetant des eaux usées non domestiques ne sont que très faiblement équipés en systèmes de traitement. Les rares systèmes qui existent dans les écoles, les marchés, hôtels, hôpitaux et gares routières connaissent de sérieux problèmes d’exploitation et la majorité des effluents sont rejetés dans le milieu naturel. De manière générale, les ouvrages d’assainissement se caractérisent par leur structure sommaire, peu compatible avec la préservation de l’environnement et de la santé publique.

L’analyse des systèmes de gestion des eaux usées au Cameroun et précisément dans la ville de Garoua (Région du Nord) montre qu’il n’y a presque pas de filière d’assainissement complète. La nature devient le réceptacle de toute la pollution produite par les ménages et les établissements non domestiques, ce qui a pour conséquence une situation sanitaire préoccupante. La gestion des boues issues de vidange appropriées est un maillon important et pourtant trop souvent absent des efforts de valorisation intégrée d'assainissement urbain.

En 2011, le cholera a fait des ravages dans le nord du Cameroun. Nous avons enregistré 9712 cas de cholera et 777 selon le Rapport d’évaluation Analyse de la situation du choléra au Cameroun du laboratoire AMP. De nombreuses campagnes de désinfection furent réalisées, oubliant que le cholera passe aussi par les mauvaises pratiques de vidange des fosses septiques et les déversements anarchiques des boues issues de ces fosses.
C’est dans ce conteste que l’association YOUNG CARE ENVIRONMENT basée dans le Nord du Cameroun et apolitique s’est proposée de mettre sur pieds une station de traitement des boues de vidange. L'objectif est d’agir contre une des sources de prolifération de maladies comme le cholera.

Young Care Environment travaille à la protection et à la préservation de notre environnement par le biais des propositions pratiques innovantes. Elle s'appuie sur la solidarité, s'efforce de créer des activités génératrices de moyens de subsistances pour les enfants de la rue.

Les vidanges sont généralement effectuées manuellement par des hommes directement au contact des excréments et les fèces sont déversés dans un environnement proche des habitations, voire même des cuisines... tous ces facteurs et bien d'autres encore sont des causes de la propagation de plusieurs maladies dans nos villes et villages. Les fosses septiques sont émergées d’eau et ces dernières sont pour la plus part pleine, ainsi les eaux de pluies font remonter les fèces à la surface et lorsqu’elles ne sont pas vidanger se déversent dans des puits d’eau ouverts à la population.

La conception et la mise en place de la station doit tenir compte d'éléments tels que : la démographie, la quantité de boues vidangées par jour, les dimensions du terrain alloué pour le projet.

Nous avons préconisé dans un premier temps la vidange des fosses à l’aide d’un camion adéquat ou de motos pompes attribués par la communauté urbaine. Les boues récoltées seront ensuite déversées dans la station qui sera mise en place, sur un terrain alloué par la communauté ou acheté. La vidange sera payante par cubage. Le système de traitement choisi est le lagunage qui présente un bon rendement et dont la charge polluante diminue considérablement au bout 40 jours environs.

La station sera constituée de trois lagunes interconnectées, reliées les unes aux autres. Le dimensionnement des lagunes est fonction du débit d’approvisionnement journalier en boues de vidange. Nous aurons donc :

Bassin anaérobie : c’est le premier qui reçoit les boues, il a un temps de rétention de 1 à 5 jours avec une profondeur de 2,5 à 5 mètres.

Bassin facultatif : c’est le second bassin, il a un temps de rétention de 7 à 50 jours, avec une profondeur de 1,5 à 2 mètres.

Bassin de maturation : le dernier bassin, il a un temps de rétention de 3 à 10 jours et une profondeur de 1 à 1,5 mètres.

Les boues transportées par camion de vidange seront déversées dans la première lagune et après un temps de séjour précis, vont aller dans la seconde lagune grâce à la dénivellation du terrain, puis dans la troisième lagune. Les eaux issues de la troisième lagune peuvent être utilisées pour l’irrigation ou déversées dans le milieu naturel sans crainte. Après traitement les boues de vidange devront être épandues pour séchage, puis commercialisées comme additif dans les champs et vergés.

Les autorités ont trouvé très pertinent le projet que nous avons mis sur pied. Il participe activement à l’éradication du cholera dans la région. L’utilisation des boues de vidange traitées dans les champs limitera l’utilisation excessive des engrais chimiques. Le projet a pour but de créer de l’emploi pour les jeunes au chômage. Il vise à amener un changement de mentalité qui limite les vidanges archaïques, très dangereuses pour la santé des éboueurs, et améliore l’assainissement de la ville (Sous-préfecture de Garoua 2).

La création de la station de traitement va être d’un grand apport dans la lutte contre certaines maladies hydriques telles que le choléra, car lieu adéquat pour le déversement et le traitement des boues de vidanges de fosses septique. Les boues issues du traitement peuvent être utilisées comme engrais naturel et permettre de réduire l’utilisation excessive des engrais chimiques. Elle sera aussi un moyen de faire sortir du chômage près de dix jeunes car pour son fonctionnement la station aura besoin de la main d’œuvre. Au bout de deux ans la station pourra fonctionner toute seul.

Comme difficulté nous avons rencontré le manque de financement car au-dessus de nos moyens pour sa mise en place et de promoteur pour ce projet. Le terrain pour la station devant être dans une zone reculée des populations, nous avons pu en trouvé un mais le coût de l’achat était trop au dessus de nos moyens.

Les installations d’assainissement individuelles desserviront les populations urbaines croissantes dans les pays en développement dans les décennies à venir. Par conséquent, des quantités croissantes de boues de vidange devront être gérées. Une gestion appropriée des boues de vidange est le maillon important qui manque dans les efforts de valorisation intégrées d’assainissement urbain et la réduction considérable des maladies hydriques.

La mise en place de ce projet nous permettra de préserver notre environnement, créer de l’emploi aux jeunes diplômés ou non.

Par : Moffo Guy (moffoguy1@yahoo.fr)

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