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Les autorités locales s'engagent pour élaborer des plans stratégiques à l'horizon 2030.

Malgré la relative bonne pluviométrie dans la Région des Cascades, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement demeure  un véritable casse-tête pour les populations. Pour y remédier, IRC, en collaboration avec WaterAid, sur financement de la Conrad N. Hilton Fondation, apporte son assistance technique dans l’élaboration des plans stratégiques communaux de développement des services d’eau potable et d’assainissement de trois communes de cette région que sont Banfora, Bérégadougou et Niangoloko. IRC qui a fait de la problématique de l’accès universel pour tous à l’eau potable et à l’assainissement à l’horizon 2030, son cheval de bataille, a séjourné dans ces trois localités pour échanger avec les autorités communales, les leaders d’opinions ainsi que les acteurs intervenant dans le domaine de l’eau potable et de l’assainissement. Les 19, 20 et 21 avril des ateliers de démarrage ont été organisés par les deux ONG dans les trois communes. A travers cette démarche participative,  il s’agit pour IRC, de décrire les modalités de son assistance technique à ces trois communes dans l’élaboration de leur nouveau outil de planification et de développement des services AEPA  afin qu’à l’horizon 2030, l’eau et l’assainissement ne soient plus un luxe pour les populations. Pour ce faire, ils se sont fixés pour objectif premier de faire l’état des lieux de l’existant en matière d’eau et d’assainissement, d’élaborer un plan stratégique communal de développement des services AEPA (Approvisionnement en Eau Potable et d'Assainissement).

En dépit des efforts fournis au cours des décennies passées, la plus part des localités rurales du Burkina Faso peinent toujours à satisfaire les besoins de leurs populations en matière d’eau potable et d’assainissement. C’est le cas notamment dans la commune rurale de Bérégadougou ainsi que dans les communes urbaines de Niangoloko et Banfora. 

Dénis Zoungrana, Expert Senoir Associé d’IRC« C’est incompréhensible  que vous ayez les pieds dans l’eau, mais que vous n’ayez pas d’eau potable», a indiqué Dénis Zoungrana, Expert Senoir Associé d’IRC à l’entame de ces 3 jours d’échanges et de partages organisé sous forme d’atelier d’information et de démarrage du projet.

Il s’est agi de réunir dans les mairies de ces différentes localités, les leaders coutumiers et religieux, les responsables des pouvoirs déconcentrés, les maires, les associations d’usagers d’eau, l’administration en charge de l’eau et de l’assainissement, les conseillers villageois de développement, ainsi que les services techniques déconcentrés de l’Etat, pour échanger autour de la problématique de l’accès. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les uns et les autres ne se sont pas fait prier pour répondre à l’invitation de la commune. Partout dans les trois communes, les participants à l’atelier quel que soit leur rang social et leurs âges ont montré leurs intérêts pour la problématique de l’accès universel pour tous à l’eau potable et l’assainissement.

« Nous souffrons vraiment. Nos femmes surtout. Pour avoir l’eau, il leur faut se réveiller à 4h du matin. Il y a des moments où nous n’avions même pas de quoi faire la cuisine… », a dévoilé Brahima Soma, chef de canton de Bonouna, un village de la commune de Banfora. Brahima Soma, chef de canton de Bonouna, un village de la commune de Banfora

En réalité a souligné d’entrée  d’IRC, depuis toujours, les différents projets et programmes qui se sont succédés au chevet des communes pour résorber la question de l’eau et de l’assainissement se sont intéressés à la construction des ouvrages et à leurs comptages. Autrement, l’on se contentait de par le passé, d’installer des forages ou des bornes fontaines sans chercher à savoir si cela résolvait ou pas les problèmes d’eau des populations. «  C’est exactement comme si vous aviez dans votre village l’antenne d’une compagnie de téléphonie, vous avez un téléphone portable et une puce, mais vous ne pouvez pas communiquer parce que le réseau est de mauvaise qualité »,  a renchéri IRC.

Désormais donc, sans jeter à la poubelle les anciens projets et leurs acquis, il s’agira de créer les conditions pour que les populations aient effectivement accès à l’eau potable et à l’assainissement, c’est-à-dire aux services. D’où la nouvelle offre que propose IRC à ses communes qui consiste à s’assurer par exemple que le l’ouvrage installé délivre vraiment de l’eau aux populations, et qu’en plus, c’est une eau de qualité et que la continuité du service est assurée.

Mais pour y parvenir, IRC recommande une forte responsabilisation des autorités communales ainsi que de l’ensemble des acteurs intervenant dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. 

Même son de cloche du côté de la commune de Banfora.

Boubacar HémaSelon l’édile Boubacar Héma, « l’approche participative privilégiée par IRC est pertinente et les indicateurs sont bien mesurables ».

A en croire le maire de Niangoloko, « Au lieu que les plans nous soient imposés, les partenaires ont indiqué que c’est nous qui devront être les premiers artisans de ce projet car eux ils ne sont que des techniciens, des experts et des facilitateurs », a expliqué Bassié Héma, martelant que cette fois, ils ont pu saisir le bon bout de la résolution de leurs préoccupations en matière d’eau potable et assainissement. Bassié Héma, maire de Niangoloko

Le chef de village de Bérégadougou ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme que si l’on n’inculque pas aux villageois qu’ils ont une part de responsabilité dans la continuité des services, ils attendront toujours que le donateur vienne réparer lorsqu’il y a panne. Or, « le projet tel qu’il nous a été expliqué ce matin par les expert de IRC, indique que c’est nous qui sommes les premiers acteurs et que eux, ils sont là juste pour aider à mieux élaborer ce que nous, nous voulons. C’est une très bonne chose car même si nous ne connaissons pas le papier du blanc, nous savons ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas».

C’est donc dire que tout le projet est axé sur le fait que c’est les populations elles-mêmes qui devraient s’engager à inverser la courbe des chiffres qui ne sont pas du tout reluisants. A titre d’exemple,  la commune de Bérégadougou à un taux d’accès à l’eau potable en milieu rural de 71,9%, celle de Niangoloko 53,8% et la commune urbaine de Banfora 91%.

Mais à travers les résultats attendus, notamment le plan stratégique communal à l’horizon 2030 ainsi que le plan d’investissement, nul doute que ces chiffres en deçà des attentes seront un mauvais souvenir pour les populations des trois communes bénéficiaires. Pour cela, il faut véritablement une forte implication de l’ensemble des acteurs et un respect strict du calendrier de déroulement de l’élaboration des plans stratégiques communaux AEPA.