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Interview de Denis Zoungrana, enseignant-chercheur au 2iE

Publié le: 18/02/2011

Denis ZOUNGRANA est enseignant-chercheur à la Fondation 2iE (Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement) localisée à Ouagadougou au Burkina Faso. Il est chargé des cours d’approvisionnement en eau potable. Ces cours intègrent aussi bien la gestion de la demande que la gestion financière des services d’eau potable et d’assainissement. C’est à ce titre qu’il encadre des travaux de mémoires d’étudiants en Master sur la gestion de l’accès aux services d’eau potable et assainissement. Monsieur Denis ZOUNGRANA a participé à la plupart des rencontres de l’alliance d’apprentissage et de la Task Force du projet WASHCost dans le cadre d’un partenariat 2iE-CREPA-Université de Bobo. Sa dernière participation à une activité du projet date d’une semaine et a eu lieu lors de la réflexion sur l’élaboration des modules d’enseignement. Lors d’un entretien accordé au responsable de la communication et de la documentation du projet, il donne son point de vu sur l’intégration de l’approche des Coûts à Long Terme dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, l’impact du projet à ce jour et les perspectives d’amélioration de ces impacts. Cet entretien s’est déroulé dans son bureau le 07 Décembre 2010.

Entretien avec Denis Zoungrana, enseignant-chercheur au 2iE (7-12 2010)

Présentation de l’invité de l’entretien

Denis ZOUNGRANA est enseignant-chercheur à la Fondation 2iE (Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement) localisée à Ouagadougou au  Burkina Faso. Il est chargé des cours d’approvisionnement en eau potable. Ces cours intègrent aussi bien la gestion de la demande que la gestion financière des services d’eau potable et d’assainissement. C’est à ce titre qu’il encadre des travaux de mémoires d’étudiants en Master sur la gestion de l’accès aux services d’eau potable et assainissement. Monsieur Denis ZOUNGRANA a participé à la plupart des rencontres de l’alliance d’apprentissage et de la Task Force du projet WASHCost dans le cadre d’un partenariat 2iE-CREPA-Université de Bobo. Sa dernière participation à une activité du projet date d’une semaine et a eu lieu lors de la réflexion sur l’élaboration des modules d’enseignement. Lors d’un entretien accordé au responsable de la communication et de la documentation du projet, il donne son point de vu sur l’intégration de l’approche des Coûts à Long Terme dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, l’impact du projet à ce jour et les perspectives d’amélioration de ces impacts. Cet entretien s’est déroulé dans son bureau le 07 Décembre 2010.

Problématique de la prise en compte des coûts dans le secteur de l’eau et de l’assainissement – contribution de WASHCost

« La prise en compte des coûts des services se perçoit à travers les études de conception des systèmes et les appels d’offres pour l’exécution des travaux. Deux problèmes se posent. Les termes de référence des études pour la planification et la conception des services intègrent très peu des objectifs relatifs aux coûts récurrents pour la délivrance du service. Les dépouillements d’appel d’offres pour les travaux résultent le plus souvent  en l’octroi du marché au « moins disant ». La « moins disance » dans le contexte du Burkina Faso déstabilise le marché et la durabilité des entreprises qui sont encore fragiles et dont la stratégie d’entreprise se limite le plus souvent à la saisie d’opportunité pour se maintenir dans le marché. Les prix entrent très peu dans une logique financière d’entreprises faite de business plan et des bases objectives (composition des prix, développement etc.) prévisibles. . Cela ne favorise pas la durabilité à long terme des services et la modélisation des coûts.

Il est néanmoins encourageant de voir que certaines entreprises s’orientent de plus en plus vers la « mieux disance » qui consiste alors à retenir l’offre incluant des coûts et techniques raisonnables pour que l’entreprise travaille dans des conditions normales. Les activités du projet WASHCost pourraient y contribuer notamment de par la désagrégation des couts de services. » 

Par ailleurs, le projet a déjà commencé à introduire une nouvelle démarche de quantification des coûts des services dans le secteur de l’eau et de l’assainissement. Cela constitue un pas important et pourrait faciliter à terme la modélisation des coûts des investissements et des charges récurrentes de l’exploitation. Le projet WASHCost pose les bases pour une meilleure prise en compte et une comparaison des coûts des services. »

Impacts de WASHCost sur le milieu académique

« Ma participation aux activités de l’alliance d’apprentissage du projet WASHCost est bénéfique dans la mesure où cela conforte et même consolide ma conception des coûts. J’ai particulièrement apprécié l’approche des Coûts à Long Terme, notamment la désagrégation des coûts et la notion d’accès aux services. Cette approche me fournit des éléments d’information pour illustrer certains aspects de mon cours sur la gestion de la demande en eau potable et la gestion des services.. Ce qui m’intéresse le plus dans l’approche, c’est la démarche méthodologique de quantification et de catégorisation des coûts. Je pense que le transfert de cette démarche du projet vers le secteur de l’eau pourrait plus tard faire tâche d’huile dans le secteur»

Perspective d’avenir pour WASHCost Burkina Faso

« Il serait recommandable pour le succès du projet WAHSCost de vulgariser davantage la démarche méthodologique de sorte que les services puissent l’alimenter avec les données nécessaires. Le succès du projet est plus envisageable dans la mise à disposition d’une démarche méthodologique que dans celle de données chiffrées exhaustives. La désagrégation des coûts reste particulièrement pertinente du fait qu’elle rend la modélisation et les comparaisons possibles entre les coûts de délivrance des services d’eau potable et assainissement. L’approche par la demande utilisée jusqu’à présent dans le développement des services AEPHA bien qu’elle ait permis de faire des progrès dans la couverture des usagers ne peut plus épuiser la question de l’accès au service des populations à faible revenu dans les pays en développement. Elle met en perspective un nouveau paradigme de l’accès aux services de base qui est l’approche délivrance du service.»

Entretien réalisé par  Pascal DABOU