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L’évaluation des services d’AEPHA au cœur de l’atelier de fin de projet WASHCost ; quelles suites pour le futur ?

Publié le: 18/01/2013

Différents acteurs du secteur de l’AEPHA se sont réunis à Ouagadougou  du 14 au 16 janvier 2013 pour un atelier de trois jours. Les discussions ont porté sur les nouvelles méthodes et approches de suivi-évaluation basées sur la fourniture des services d’eau et d’assainissement, et sur les actions à engager pour leur adoption au niveau national, et ce en vue d’un meilleur accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Le Centre International de l’Eau et de l’Assainissement (IRC) est plus que jamais engagé dans le plaidoyer pour l’adoption d’approches innovantes et plus efficaces en matière de promotion de l’accès des populations rurales aux services d’eau potable. Cet article et plusieurs d’autres parus en 2012 sur le journal burkinabé Lefaso.net, incitent à l’action pour l’amélioration des services d’eau potable et d’assainissement au Burkina Faso.

Dans son allocution d’ouverture de l’atelier, Alassoun Sori, directeur de l’approvisionnement en eau potable de la DGRE s’est félicité des actions d’IRC destinées au renforcement des performances du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement (PN-AEPA). M. Sori a notamment souligné le fait que le champ d’action du projet de recherche-action, WASHCost de l’IRC s’inscrit en droite ligne des objectifs de la Réforme du système de gestion des infrastructures hydrauliques d’alimentation en eau potable en milieux rural et semi-urbain du Burkina Faso. Cette réforme a pour but de garantir de manière durable que la gestion des infrastructures d’AEP soit entre les mains des usagers.

Juste Hermann Nansi, facilitateur des échanges et coordonateur national de l’IRC au Burkina Faso, a souligné que la démarche ne visait pas seulement à attirer des ressources additionnelles pour faire des progrès dans le secteur de l’eau potable en milieu rural. Elle répond aussi, dit-il, à un souci d’efficacité des investissements. Et de situer les enjeux de la présente rencontre à deux niveaux pour les acteurs : « Il s’agitde se rendre compte des insuffisances et des limites des méthodes de mesure de l’accès à l’eau potable actuelles, de bien comprendre ce que veulent dire les taux qu’on affiche. On dit que 58,5% de la population rurale avait accès à des services adéquats d’eau potable en 2011.

Qu’est-ce que ce chiffre indique, qu’est-ce que ce chiffre donne comme information ? Quand on décortique les données, on se rend compte qu’il y a beaucoup de facteurs cachés derrière ces chiffres qui ne se vérifient pas sur le terrain.

  • « Le premier et principal enjeu, c’est donc d’accepter et de reconnaître les insuffisances et les limites de notre système de suivi qui conditionne notre planification et notre gestion des priorités » ;
  • « Le second enjeu de cette rencontre, c’est de partager la nouvelle approche que nous proposons pour mesurer le niveau des services fournis. C’est un enjeu important parce que nous conduisons cette réflexion au niveau national, au niveau international et nous pensons, c’est la conviction de l’IRC, qu’il faut revoir les objectifs fixés et les indicateurs utilisés pour mesurer ces objectifs. C’est un enjeu extrêmement important, car tant qu’on n’aura pas trouvé des indicateurs qui traduisent réellement la situation des services fournis aux populations en milieu rural, on continuera de passer à côté de leurs besoins, on continuera d’investir beaucoup sans donner satisfaction aux populations des villages, sans effectivement assurer un service acceptable comme on l’attend », a poursuivi M. Nansi.

Selon lui, la rencontre constitue un acte supplémentaire de son organisation dans la dynamique engagée depuis 2008 sur la question. « C’est un pas de plus que nous faisons pour que les acteurs du secteur prennent conscience de cette situation et valident les nouvelles méthodes et approches et puissent les intégrer dans les politiques et stratégies nationales », a-t-il indiqué.

Conclusions

A l’issue de la première journée d’échanges les participants s’accordent sur les aspects suivants :

  1. les chiffres produits dans le secteur ne reflètent pas toujours la réalité du terrain ; ne traduisent pas la qualité réelle des services fournis aux populations et ne permettent pas de vérifier si ces populations obtiennent effectivement les 20 litres par personne et par jour d’une eau de qualité convenable certifiée par des contrôles, se trouvant à distance raisonnable comme établi par les normes nationales et si le service est fiable et continu conformément aux normes nationales ;
  2. Les acteurs de la rencontre sont également tombés d’accord sur le fait qu’en adoptant une approche alternative qui permet de suivre la quantité, la qualité de l’eau fournie aux populations, la distance à laquelle se trouve le point d’eau et la fiabilité du service, cela traduira mieux les réalités des services d’eau fournis en milieu rural ;
  3. Ces constats consensuels ont donné lieu à diverses suggestions et réflexions pour contribuer à l’amélioration de la situation de l’accès des populations rurales aux services d’eau potable et d’assainissement.

 

Source: Lefaso.net, 18 janvier 2013

Par Grégoire B. BAZIE

Nouvelles analogues : Eau potable en milieu rural au Burkina : L’amélioration des services au centre des échanges à Ouagadougou, LeFaso.net, 15 janvier 2013

WASHCost au Burkina : Des résultats qui incitent à l’action, LeFaso.net, 16 décembre 2012.

WASHCost dans le Tuy : Les résultats porteurs d’espoirs, Le Faso.net , 19 novembre 2012

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