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L’approvisionnement en pièces de rechange, un problème majeur des maintenanciers

Publié le: 27/11/2012

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Conçus par la réforme pour assurer la maintenance et la réparation des ouvrages hydrauliques au niveau communal, les maintenanciers buttent contre un énorme problème : l’approvisionnement en pièces de rechange qui grippe tout le système. Amadou Tamboura est le maintenancier de la commune de Seytenga. A lui seul, il en charge l’entretien des pompes de 22 villages [...]

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Conçus par la réforme pour assurer la maintenance et la réparation des ouvrages hydrauliques au niveau communal, les maintenanciers buttent contre un énorme problème : l’approvisionnement en pièces de rechange qui grippe tout le système.

Amadou Tamboura est le maintenancier de la commune de Seytenga. A lui seul, il en charge l’entretien des pompes de 22 villages de la commune. Heureusement, il ne dispose d’un équipement adéquat offert par un projet. « Ce sont les projets qui nous ont offert des outils de travail. Sans cette dotation, il aurait été difficile de bien faire le travail », dit-il reconnaissant. Pour se rendre dans les villages, Amadou utilise sa moto personnelle, conformément aux termes du contrat qu’il a signé avec la commune. « J’effectue les sorties terrains avec ma propre moto. Ce n’est pas toujours facile car il y a certains villages qui sont très éloignés de mon domicile mais je le savais avant de devenir maintenancier », confesse-t-il.

Avant d’obtenir mon agrément au niveau de la Direction Provinciale de l’Agriculture et de l’Hydraulique, M. Tamboura a dû offrir des garanties prouvant qu’il possédait un moyen de déplacement fiable.  S’il considère les déplacements comme une contrainte majeure, il avoue facilement que l’approvisionnement en pièces de rechange l’est davantage. L’approvisionnement demeure casse-tête pour la profession. « Il est très difficile d’obtenir des pièces neuves », affirme, le réparateur. Il poursuit, « nous sommes obligés de nous approvisionner dans ce qu’on pourrait nommer des « marchés noirs » car on y trouve jamais des pièces originales ».

Les « marchés noirs » de M. Tamboura sont en réalités des points de ventes locaux de pièces d’imitation et des pièces recyclées. Leur durée de vie moyenne excède rarement 3 mois. Face à cette situation, plusieurs réparateurs artisans ont développé des stratagèmes pour continuer à faire leur travail sans courir le risque de passer pour des escrocs aux yeux des Associations d’Usagers de l’Eau (AUE), chargées par la réforme de la gestion des pompes d’eau communautaires au niveau village.

Contre les prescriptions de la réforme, les maintanciers demandent aux AUE d’acheter elles-mêmes les pièces de rechange. Ainsi, ils ne sont plus responsables de la mauvaise qualité des pièces. L’AUE ne peut s’en prendre qu’à elle-même ! Pour Daouda Bagayan, chef de l’Antenne de Dori de l’ONG Eau-Vive, ce dédouanement est une fuite de responsabilité. « Selon les textes, le maintenancier est tenu pour responsable de toute panne qui interviendrait moins de 6 mois sur une nouvelle pièce. Les textes l’obligent à la remplacer à ses frais. Je crois que c’est pour éviter d’avoir à le faire que les maintenanciers se déchargent ainsi sur AUE », analyse froidement, M. Bagayan.  Mais les stratagèmes ne marchent pas partout.

Certaines AUE exigent que le maintancier remplace les pièces qui tombent en panne moins de 6 mois bien qu’elles soient à la base de leurs achats. C’est l’une des causes de l’ambiance délétère qui existe entre certaines AUE des artisans réparateurs.

Pour résoudre le problème d’approvisionnement, M. Tamboura en appelle autorités. «  Il faut nous aider avec des points de ventes de pièces fiables. On nous interdit de vendre nous-mêmes des pièces, alors il faut mettre en œuvre tous les mécanismes appropriés pour un bon approvisionnement », clame-t-il.

Par Nourou-Dhine Salouka, IRC