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La Banque Mondiale redéfinit sa politique de construction de mega-barrage en Afrique

Publié le: 23/09/2013

Une reprise des mega-barrage ne ferait qu’aggraver la situation en Afrique et avantager les entreprises, mais pas la population. Les énormes barrages des dernières décennies sont de nouveaux à la mode.
 

Dans les années 1950 à 60, de grands projets hydroélectriques tels que les barrages de Kariba, Akosombo et Inga étaient censés moderniser les pays pauvres africains presque du jour au lendemain.

Cela n’a pas du tout fonctionné. Comme la Commission Mondiale indépendante sur les barrages l’a montré, ces grands systèmes complexes coutent beaucoup plus cher mais produisent moins d’électricité que prévu.

Leur principaux bénéficiaires sont les sociétés minières et les fonderies d’aluminium, tandis que les pauvres d’Afrique ont été laissés sur le carreau. Les barrages Inga 1 et 2 sur le fleuve Congo en sont un bon exemple. Après que les bailleurs de fonds aient dépensé des milliards pour eux, 85% de l’électricité de la République Démocratique du Congo est utilisée en haut voltage mais moins de 10% de la population à accès à l’électricité.

Les communautés déplacées par les barrages de Inga et Kariba continuent, après 50 ans, à se battre pour obtenir leur indemnisation et réhabilitation économique. Au lieu d’offrir un raccourci vers la prospérité, de tels projets sont devenus un boulet pour le développement de l’Afrique.

Les grands barrages ont également contribué à transformer l’eau douce dans l’écosystème le plus touché par la disparition des espèces. Sous la pression du public la Banque Mondiale et d’autres bailleurs de fonds ont stoppé une grande partie de leur financement pour les grands barrages dans le milieu des années 1990.

Depuis presque 20 ans, la banque a plutôt soutenu des barrages de taille moyenne et réhabilité des projets hydroélectriques existants. Après une tendance amorcée par de nouveaux bailleurs de fonds en provenance de Chine et du Brésil, la Banque Mondiale veut à nouveau soutenir les méga-barrages qui visent à transformer des régions entières. En mars, elle a fait valoir que ces projets pourraient "catalyser des avantages à très grandes échelles pour améliorer l’accès aux services d’infrastructures" et combattre en même temps le changement climatique. Son conseil d’administration a récemment examiné le retour au mega-barrages dans le cadre d’une nouvelle stratégie énergétique.

Pour plus d’information visitez le site Web du SEMIDE.

Nouvelle analogue : RDC : l ’Agence française de développement et le barrage d’Inga III, 4 juin 2012.

Source originel The Guardian.