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Les centres de services : une réponse au défi de la pérennité des actions de développement

Publié le: 01/10/2013

La création et l’appui de « centres de services » sont au cœur des actions menées par le Gret. Leur création et leur pérennisation impliquent des démarches innovantes, à plusieurs niveaux : Institutionnel : les centres de services remplissent une …

La création et l’appui de « centres de services » sont au cœur des actions menées par le Gret. Leur création et leur pérennisation impliquent des démarches innovantes, à plusieurs niveaux :

Institutionnel : les centres de services remplissent une mission de service public, et ont une plus-value sociale. Ils ne ressortent ni de la sphère étatique, ni entièrement du secteur privé marchand, ni du milieu des acteurs socioprofessionnels. Intermédiaires entre toutes ces catégories, ils ont un rôle à jouer dans la construction des politiques publiques.

Économique : les centres de services relèvent du secteur de l’économie des services. Leur professionnalisation contribue à la qualité des services rendus. Ils sont partie prenantes de l’économie sociale et solidaire, voir de l’entreprenariat social, et contribuent à une croissance inclusive et durable. Pour assurer la pérennité économique, il faut trouver une réponse à la question « qui paye les coûts ? ».

de la coopération : l’institutionnalisation de dispositifs projets sous forme de centre de services pose la question de l’appropriation par la nouvelle équipe, et le développement d’une relation de partenariat avec l’ONG fondatrice.

Le Gret agit pour pérenniser les actions et les résultats de ses projets. Après 10 années d’actions sur une thématique sur un même territoire, il a soutenu la création dans plusieurs pays de centres de services, structures locales appuyant l’action de petits entrepreneurs tels que des petits opérateurs d’eau ou un réseau de distribution de farines infantiles au Cambodge, (dans le domaine de l’accès à l’eau potable, sur l’approvisionnement en eau des petites villes et des bourgs ruraux) et a Madagascar (stratégie visant à diffuser au plus grand nombre un aliment de complément de bonne qualité nutritionnelle et accessible aux populations pauvre).

Relever le défi de l’autonomie et de la pérennité

Le Gret a tiré plusieurs leçons de ces expériences sur les problématiques d’autonomisation et de pérennité des centres de services :

La création de structures autonomes à partir des dispositifs projet s’inscrit dans une logique de développement, qui nécessite un temps long d’expérimentation, un vrai transfert de compétences et de pouvoir, et de savoir se désengager. Le processus implique plusieurs phases : expérimentation, recherche de structures existantes susceptibles de reprendre l’activité, définition de la mission sociale, établissement du modèle économique et business plan, choix d’une forme juridique, mise en place des instances de gouvernance. Les questions de pouvoir et contre-pouvoir, du rôle des salariés projets, et des formes de partenariat avec les autorités publiques doivent également être anticipées.

La pérennité économique passe en partie par l’obtention de subventions, en provenance d’aide internationale, des pouvoirs publics nationaux ou des collectivités locales.

La création de ces structures est liée à trois facteurs : la qualité du dialogue avec les bailleurs de fonds internationaux, capable d’appuyer la création de l’entreprise malgré des contraintes internes ou externes, la volonté de pérenniser un service d’utilité sociale quand aucune structure existante ne peut le remplir de façon pérenne, et l’actualité du sujet dans le développement avec l’émergence des problématiques d’entreprenariat social, d’économie sociale et solidaire, etc.

Plus la mission sociale est précise, plus il est facile de trouver les moyens pour la garantir. Globalement, la mission sociale de chacune de ces structures vise à réduire des inégalités mais aussi s’assurer des conditions de travail et de rémunération correctes aux travailleurs. Ces structures concourent à une mission de service public ou s’inscrivent dans une politique publique.

Enfin, il convient de travailler sur la gouvernance. Il s’agit ici d’établir des contre-pouvoirs pour éviter que la tendance naturelle à la rentabilité économique ne l’emporte sur la mission sociale, ou pour que la structure soit effectivement appropriée localement. L’ONG fondatrice doit être garante de la mission sociale et assurer la pérennité, apporter des compétences pour que le personnel des structures créées passent d’une logique projet et salarié d’une ONG internationale à une logique d’entreprise et de salarié d’une structure locale. Pour créer une structure, il faut sortir des compétences strictement « techniques » (eau potable, agriculture, nutrition), et ajouter des compétences de renforcement institutionnel, de management, de gestion économique, d’élaboration de business plan.

Source : Gret, Octobre 2013

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