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Ouèglèga, les puits de la peur !

Publié le: 12/12/2012

La population de Ouèglèga, un village de la commune de Tanghin-Dassouri, vit essentiellement du maraîchage pratiqué autour des puits traditionnels. Malheureusement, faute d'aménagement suffisant, les éboulements meurtriers sont fréquents. L'an dernier, 3 personnes ont perdu la vie, noyées dans puits.

Un des nombreux puits traditionnels de Ouèglèga

« Notre hantise est l’éboulement des puits », lance sentencieuxement, le vieux Madi Kaboré. Dans ce village sahélien balayé à intervalles réguliers par les premières rafales de l’harmattan, en ce début décembre, pas une année ne se passe sans qu’un maraîcher ne perde la vie dans un puits. Il s’agit de puits traditionnels creusés autour des concessions et dans les champs. Aucun travail de consolidation n’est fait pour renforcer  l’édifice qui devient du coup dangereux pour les usagers.

Malgré le danger qu’ils représentent, ces puits constituent le principal atout du village. Ils permettent la pratique du maraîchage, devenu l’une des sources fiables de revenus pour les habitants. L’agriculture, l’activité ancestrale, n’est plus gage de sécurité alimentaire. Ces 10 dernières années, le village a déjà été frappé à trois reprises par la sécheresse. « Ce que nous gagnons avec la production d’un mois est plus rentable que ce que nous gagnons en hivernage »  avoue, Madi Kaboré.

Pour la pratique de cette activité, les paysans ont creusé plusieurs centaines de puits dans tout le village. «  Nous avons dénombré, lors de notre dernier recensement, plus de 500 puits traditionnels », affirme ; Yassia Kané, spéclialiste agriculture de l’ONG Winrock.  Les hommes ne sont pas les seuls à profiter des puits. Ils sont pour les femmes un formidable moyen pour acquérir une autonomie financière. Elles possèdent presque toutes des planches de persil, de piments, de poivrons et de tomates autour de leurs maisons. Les produits sont en grande partie destinés à la vente. Ils permettent de faire face aux dépenses du quotidien. « Grâce à mon jardin, je suis devenue économiquement indépendante » raconte, Maïmouna Simporé, une ménagère. « J’ai réussi à inscrire mon fils et collège et ses petits frères à l’école primaire », poursuit-elle. L’argent du maraîchage permet également de varier le menu familial.

Pour toutes ces raisons, les maraîchers bravent le danger, en espérant de l’aide pour renforcer leurs infrastructures. « Nous avons besoin de margelles et de briques pour renforcer nos puits », dit l’imam. Winrock qui intervient dans la zone dans le cadre du programme WA-WASH s’engage à leur venir en aide en contrepartie d’une   participation financière. C’est peut-être par là que réside la survie de Ouèglèga.

Par : Nourou-Dhine Salouka, IRC.