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Tuer le buzz : faire de la responsabilité et la transparence une réalité

Publié le: 19/08/2013

Particulièrement fréquents sur de nombreux sites web, les mots durabilité et transparence rencontrent un vrai succès auprès de la communauté internationale du développement et font le buzz. Malheureusement, cette facilité d'emploi par le secteur n'est pas reflétée dans les actes ; ces mots manquent de sens pour les communautés dans lesquelles leur réalisation aurait justement le plus d'importance.
 

Cependant, pour certains gouvernements, certaines ONG ou pour le secteur privé, faire le buzz avec ces mots n’est pas suffisant. De plus en plus d’outils et d’approches existent désormais pour ancrer ces mots dans la réalité.

La Millenium Water Alliance (MWA), par exemple, envisage désormais d’utiliser l’outil de suivi Akvo FLOW avec tous ses partenaires pour de futurs travaux au Mexique et en Amérique centrale. C’est une avancée stimulante et un engagement marquant pour une importante coalition d’ONG.

Le programme WASHCost d’IRC a développé un lot d’outils pour aider les gouvernements et les responsables à suivre et à évaluer les coûts d’une offre de service – non seulement lors la construction initiale, mais aussi tout au long du cycle de vie. Ces outils sont utilisés par un nombre croissant d’ONG, de donateurs et de gouvernements pour évaluer le coût des éléments "post-construction" indispensables pour la fourniture de service. 

Dans un autre domaine, le réseau de citoyennes-journalistes World Pulse représente un modèle de suivi et contrôle qui donne la parole aux minorités. Cet exemple illustre parfaitement comment impliquer des communautés locales dans le signalement des problèmes les plus important.

Pour assurer la pérennité, les organisations internationales d’aide au développement doivent mettre en place (ou rejoindre) des outils de réflexion rassemblant les gouvernements, les ONG locales et le secteur privé avec un rythme annuel. Ces outils devraient permettre aux organisations d’examiner données et indicateurs de fourniture de service pour voir comment vont les choses et déterminer si des réorientations sont nécessaires en cours de route.

Water For People a développé cela à travers l’outil d’accompagnement Re-imagine Reporting. Ce nouvel outil vise à représenter et connecter les travaux de programmation pour des résultats tangibles. A une autre échelle, le rapport annuel de secteur du Gouvernement d’Ouganda présentant les progrès dans les domaines de l’eau et de l’environnement identifie honnêtement et sans réserve la stagnation en termes de couverture et de pérennité dans l’Ouganda rural. Le rapport sert également de base pour un compte-rendu annuel de secteur rassemblant tous les acteurs du domaine de l’eau rurale dans le pays.

Parmi les autres outils qui appuient et se concentrent sur les remarques des utilisateurs, on peut citer la plateforme d’Ushahidi, FrontlineSMS et la capacité de détection offerte par SweetSense et mx4d. Bien sûr, ces outils ne sont bons que s’ils sont bien utilisés. Les points à considérer pour s’assurer que leur utilisation soit efficace sont entre autres :

  • Les données et les informations doivent être utilisées pour apprendre et apporter des améliorations ;
  • Les données ne se contentent pas de monter et d’entrer, elles sortent et descendent également ;
  • La transparence, ce n’est pas se contenter de montrer que l’argent est dépensé comme prévu, c’est aussi aboutir à des résultats et avoir un impact grâce à ces ressources ;
  • Pour avoir un impact à l’échelle voulue, les outils doivent être entre les mains des utilisateurs finaux (gouvernements et membres de communautés).

Mettre fin à l’emploi des mots à la mode dans le développement international est un travail de longue haleine. Heureusement, l’environnement technologique interconnecté d’aujourd’hui ne laisse plus d’excuse pour renoncer à la transparence et à la pérennité : on peut réellement passer du buzz au business !

Source : A view from the Cave’s blog, 26 avril 2013.

Auteurs : John Sauer, Water For People, et Patrick Moriarty, IRC Centre International de l’Eau et de l’Assainissement